Parution : 13 septembre 2013
Le Buen Vivir : L’écologie des pauvres versus l’écologie des riches

Le choix de parler d’une écologie des pauvres par opposition à une écologie des riches s’impose dès lors qu’on accepte la thèse développée par Emilie Hache selon laquelle la définition de ce sur quoi porte l’écologie est loin d’être universel… sauf à n’être qu’une nouvelle forme d’impérialisme culturel. La « nature » est, selon la philosophe, la chose la moins partagée du monde. « Pauvres » et « riches » notamment n’en auraient pas la même définition.

Ce point de vue a le gros mérite de permettre d’échapper au vieux débat sur la difficulté de concilier le « rouge » et le « vert », la justice sociale et climatique. L’écologie des pauvres interroge volontiers les choix de l’écologie dominante. Pourquoi l’interdiction de la chasse à la baleine plutôt que celle de l’élevage industriel des poulets questionne par exemple Emilie Hache ? (in Emilie Hache (dir.), Ecologie politique. Cosmos, communautés, milieux, Paris, Amsterdam). Pourquoi la défense de la forêt tropicale plutôt que le refus des grands barrages hydrauliques pourrions-nous ajouter avec nos amis d’Amérique du Sud. Nous rejoignons Emilie Hache lorsqu’elle écrit que nous manquons de concepts, mais peut-être manquons nous plus encore de narrations pour penser autrement. Acceptons donc de remettre en cause ce sur quoi et sur qui porte l’écologie en nous souvenant que le point de vue dominant est souvent celui des dominants.

découvrez l’ensemble de notre dossier dans le n°6 des Zindignées

Paul Ariès
Parution : 22 mars 2016
Parution : 12 avril 2014
Parution : 20 décembre 2013
Parution : 8 décembre 2013
Parution : 4 novembre 2013
Parution : 17 septembre 2013
Parution : 16 septembre 2013
Parution : 3 janvier 2013
article jeune