Infarctus chez la femme : un risque sous-estimé

L’infarctus du myocarde, aussi appelé « crise cardiaque » se produit lorsqu’une artère du cœur se bouche, ce qui prive cet organe d’oxygène et aboutit à sa destruction partielle. C’est un phénomène qui est bien connu chez l’homme. Les femmes en souffrant moins avant la ménopause. Cependant, l’infarctus chez la femme est de plus en plus fréquent et elles en meurent plus souvent. La faute à de nouveaux facteurs de risques mais aussi à l’idée reçue selon laquelle elles sont protégées de ce phénomène.

La femme protégée des infarctus : une idée reçue

Statistiquement, il est vrai, qu’avant la ménopause, l’infarctus chez la femme est moins courant que pour les hommes du même age. Pour certains, ce sont les hormones féminines qui jouent un rôle de protection, mais le sujet fait débat. Nous reviendrons sur le sujet plus loin.

Cependant, les femmes ne sont pas totalement protégées de l’infarctus. En réalité, celles qui présentent un infarctus en meurent 2 fois plus souvent que les hommes.
Elles ont beau avoir moins de chance d’être touchées avant la ménopause, le risque d’infarctus chez la femme n’est pas nul et il présente une grande dangerosité.
De plus, après la ménopause, le risque de développer un infarctus égale celui des hommes, tout en restant plus mortel chez les femmes.

Infarctus chez la femme : première cause de décès

Le constat est étonnant et pourtant, il s’explique de plusieurs façons.

Tout d’abord, le fait que la femme ait été considérée comme protégée de l’infarctus n’a pas favorisé le développement de la recherche sur les crises cardiaques féminines. Ces recherches se sont concentrées sur les hommes. C’est le premier point.

De plus, comme cette idée reçue est encore bien ancrée dans les esprits, les risques d’infarctus chez la femme sont moins pris aux sérieux. S’ajoute à cela des symptômes de crise cardiaque qui diffèrent légèrement de chez les hommes. Le tout mène à une prise en charge tardive des cas d’infarctus et donc à une mortalité plus élevée. En effet, la crise cardiaque est un phénomène qui doit être traité dans l’urgence car le décès survient rapidement. Les solutions existent mais il faut les administrer le plus tôt possible après le début de la crise.

On sait également que les femmes, malgré leur « protection », sont de plus en plus touchées par les infarctus, même les plus jeunes. Alors que les hommes, eux, ont vu leur mortalité par infarctus baisser depuis quelques années.

La faute, sans doute, à cette prise en charge plus difficile conjuguée à une augmentation des facteurs favorisant l’infarctus. Il s’agit du tabagisme de plus en plus prononcé chez les femmes, mais aussi de l’obésité et du diabète.

Le protection des oestrogènes remise en cause

On s’aperçoit donc qu’il n’y a pas de protection totale des risques d’infarctus chez la femme. Elles sont même de moins en moins protégées en étant jeunes et plus du tout lorsqu’elles entrent dans la ménopause.

Certaines recherches tentent de démontrer l’effet positif des œstrogènes sur la prévention de l’infarctus. En effet, la présence de ces hormones expliquerait pourquoi les femmes sont moins touchées que les hommes pendant la période précédent la ménopause. Ces études cherchent donc le moyen de réduire le risque d’infarctus chez la femme par un traitement aux œstrogènes. Le problème, c’est qu’un tel traitement présente des risques et peut augmenter le risque de cancer.

Les chercheurs espèrent trouver le moyen de développer un médicament qui présenterait des effets protecteurs sur les risques de crises cardiaques sans apporter des risques de cancer supplémentaires.

Cependant, d’autres études semblent démontrer que l’idée, selon laquelle les œstrogènes agiraient comme protecteurs, est fausse. Ce serait même l’inverse.

Les résultats d’une de ces études montrent que les femmes qui présentent des taux d’œstradiols les plus élevés auraient un risque augmenté d’infarctus du myocarde. L’œstradiol étant l’hormone œstrogène la plus active avant la ménopause.

Cet effet s’expliquerait par le potentiel coagulant des œstrogènes, qui pourraient également avoir un rôle dans les processus inflammatoires.

Le rôle des œstrogènes est donc encore à fixer dans le phénomène de la protection de l’infarctus chez la femme.

Conclusion

Les femmes développent effectivement des infarctus plus tard, mais elles ne sont pas totalement protégées. De plus, les infarctus sont plus mortels dans leur cas.
Cela ne doit pas non plus faire oublier que l’infarctus reste la cause principale de décès chez les femmes. Une femme a même 8 fois plus de chances d’en mourir que de succomber à un cancer du sein.

L’idée que la femme en est protégée a mené à un manque de recherches sur le sujet de l’infarctus chez les sujets féminins ainsi qu’à une prise en charge moins efficace.
C’est donc un sujet à prendre au sérieux et à ne pas négliger.

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